Monkey Money interroge le pouvoir suggestif de l’apparence. L’habit fait-il le moine ? Pour cela, l’oeuvre convoque le singe, symbole des origines de l’humanité. Comme chez La Fontaine, l’animal est-il entré dans la peau de l’homme ou inversement ? Le singe imite-t-il l’homme ou l’homme voudrait-il imiter le singe ? Elle questionne la nature de l’animal et celle de l’homme, les liens entre art et argent et force à s’interroger sur l’ère capitalistique où l’argent virtuel est roi, où démesure rime avec surproduction. Un singe est suspendu par deux pattes et la queue à un trapèze. Sa forme très graphique le pose comme un point d’interrogation flottant dans l’espace. Tout son corps est en mouvement. Animal curieux, il tente de s’emparer de quelque chose... ce qui semble être
le graal de l’homme en ce début de XXIe siècle : la virtualité. Au sol, un amas de cartons représente un siècle de surproduction humaine. Au sommet de cette « montagne », une tablette numérique diffuse en boucle son et images. À l’écran : une machine à sous. Quand trois figures identiques se retrouvent alignées, les pièces tombent. Monnaie de dupes ou monnaie de singe ? Nous pensons le singe dupé... mais ne nous montre-t-il pas l’argent pour que nous soyons dupés à notre tour ? L’écran est petit mais porteur de grandes promesses et le singe se penche, se tend, pour s’emparer des pièces. D’autant plus que la mélodie de Money Money du groupe Abba s’échappe de la tablette, pour plus d’incitation encore. Soudain l’écran s’éteint. Le rêve du singe prend fin… L’écran se rallume très vite. Le singe peut de nouveau nourrir l’espoir d’une pêche miraculeuse.

Monkey Money

  • 2015
    Structure métallique, plâtre et carton, tablette numérique, vidéo
    H. : 9,5 m, 20 kg
    Collection de l’artiste
    L’installation comprend : une sculpture, réalisée en métal et plâtre ; des morceaux de carton amoncelés au sol ; une tablette numérique diffusant un film, 1’11’’ en boucle, couleur, sonore